Interview

 

Les interviews précédentes sont également disponibles:

M.Carel: Professeur d'anglais.

M. Bailly: Adjoint au Conseiller Principal d'Education, chargé du lycée.

Mme. Richard (Landreau): Professeur d'histoire géographie.

 

Madame Moeller

(Directrice)

 

Madame Moeller a volontiers accepté de répondre à la troisième interview du site. Elle a reçu Lékipweb très cordialement et parle du fonctionnement de l'ENC et des différents  aspects de son poste de Directrice...

 

"Le sentiment d’appartenir à une vraie Communauté me rend heureuse."

 

- Depuis que vous êtes Directrice de l'ENC, dans quel sens avez-vous fait évoluer le fonctionnement et l’esprit de l'école ?

Dans deux directions. D’une part une structuration plus forte des équipes d’encadrement : j’ai introduit une équipe de professeurs responsables de niveaux, et une équipe de surveillants plus professionnelle qu’auparavant. D’autre part, j’ai souhaité faire évoluer l’école dans le sens d’une ouverture de plus en plus grande au monde. Nous avions la réputation d’une école “solide ”, où l’on travaillait bien, peut être même beaucoup, et j’ai souhaité apporter aux élèves de multiples possibilités de s’ouvrir à travers une généralisation des sorties et des voyages scolaires, ainsi que des groupes de création divers (théâtre, informatique, musique, …).

 

- Vous considérez que les activités extrascolaires ont une grande importance ?

Cela m’a semblé important puisque le projet de l’école c’est de développer toute la personne, dans toutes ses dimensions. Nous souhaitons non seulement des jeunes bien formés intellectuellement, mais aussi bien équilibrés et riches sur le plan humain.

" C’est très émouvant de recevoir un parent d’un futur “ petit 6ème ”."

 

- Comment s'est passée votre nomination à ce poste en 1993 ?

C’est la Directrice précédente, Madame Duvaud, qui m’a demandé de lui succéder. J’étais moi-même dans l’établissement depuis 25 ans en tant que professeur de français.

 

- Le travail de Directrice couvre différentes tâches, quelles sont vos préférées ?

Les tâches d’une Directrice sont multiples. On pense toujours au domaine pédagogique, mais il y a une part très importante de relations avec l’Administration, l’Académie de Paris en particulier. C’est un métier qui touche à tous les domaines. Ce qui m’a paru le plus intéressant c’est l’animation pédagogique et la relation avec les élèves. J’ai gardé 6 heures de cours pour ne pas perdre ce contact avec les jeunes et me souvenir de ce qu’est le métier de professeur. Le côté relation avec les parents me plaît aussi beaucoup, le recrutement et le suivi des élèves. C’est très riche de recevoir un parent d’un futur “ petit 6ème ” qui vient confier à l’établissement ce qu’il a de plus précieux au monde, c’est très émouvant. Et c’est quelque chose que je ne délègue pas car cela me paraît vraiment fondamental.

 

- Et les tâches que vous n'aimez pas vraiment faire ?

J’étais moins axée, de par ma formation, sur la gestion. Mais il y a une équipe qui m’assiste, je m’y suis beaucoup investie, et j’y prends maintenant un réel intérêt.

 

" L’établissement reçoit deux types de financement."

 

- A qui appartient l'ENC ?

Je ne crois pas qu’on puisse définir l’ENC en termes d ‘appartenance. Sur le plan de l’esprit, un établissement privé est toujours sous tutelle d’une autorité. Pour l’enseignement catholique, c’est soit la Direction Diocésaine, soit une Congrégation. En ce qui concerne l’ENC, l’école est sous tutelle de la “ Société de Jésus Christ ” qui est une congrégation de spiritualité Ignacienne* apparentée aux Jésuites qui a la tutelle de cinq établissements en France. Sur le plan des “affaires terrestres ”, l’école est une société anonyme (SA ENC), avec un Conseil d’Administration et un Président qui est en fait le véritable patron de l’école. Les administrateurs sont souvent des parents d’élèves qui sont choisis pour leurs compétences, et peuvent coopter ensuite d’autres administrateurs lorsque des places se libèrent, avec toujours un droit de regard de la tutelle.

 

- Il existe au sein de l'école un Comité d'Entreprise**, quel est son rôle ?

Les questions des conditions de travail et de la formation permanente sont évoquées. Par exemple pour discuter des travaux à faire ou des plans de formation. C'est une instance consultative.

 

- Depuis votre arrivée, l'école s'est beaucoup modernisée (le bâtiment prépa a été complètement refait, un réseau informatique a été installé, de nombreux travaux ont également été effectués dans le bâtiment lycée,...), quelles ont été les sources de financement ?

L’établissement reçoit deux types de financement: les contributions familiales, et les subventions de l’Etat. Il est également possible de faire une demande d’aide auprès des collectivités territoriales, et le Conseil Régional a accordé depuis trois ans une aide non négligeable pour le financement des travaux.

 

- A la suite des différents problèmes dans le secteur alimentaire, avez-vous renforcé votre vigilance sur l'approvisionnement et sur la préparation des repas de la cantine ?

La cantine de l’école est gérée par une société de restauration, Scolarest (ex Eurest). Cette société a entièrement la charge de l’approvisionnement, de l’établissement des menus, et du fonctionnement du self. En revanche, je regarde de très près ce qu’il s’y passe. Je déjeune à la cantine presque tous les jours, très volontairement, ce qui est le meilleur moyen de sentir ce qu’il s’y passe. Et quand il y a des problèmes, comme actuellement la listeria, j’envoie toujours des courriers à Scolarest pour m’assurer qu’ils ont pris les précautions nécessaires. Il y a aussi des contrôles des services vétérinaires dans l’école une fois par mois (comme dans n’importe quelle autre entreprise).

 

"j’aime énormément mon métier de professeur"

 

- Nous avons appris que cette année le bac se passerait par classe, dans chaque établissement. Que pensez-vous de cette nouvelle réforme ?

Ce n’est pas une certitude. Mais ici cela poserait des problèmes importants car nous sommes à la fois école primaire, collège et lycée. Il ne faudrait ni bruit ni personne étrangère dans le bâtiment principal, ce qui handicaperait l’établissement pendant plus d’une semaine. Il est vrai qu’en tant qu’établissement privé nous avons aussi à prendre notre part dans les tâches de l’Education Nationale.

 

- Cette coexistence du primaire, collège, lycée et des classes préparatoires est aussi une richesse pour l’école ?

Oui, on peut rentrer en maternelle et rester jusqu’en classe préparatoire. C’est très riche mais pas toujours simple à gérer au quotidien.

 

- Avant d'être Directrice vous étiez professeur de français, l'enseignement vous manque-t-il ?

Je continue d’enseigner le latin en hypokâgne, parce que j’aime énormément mon métier de professeur, j’y ai été extrêmement heureuse et je considère que c’est un des plus beaux métiers du monde quand on aime vraiment cela.

 

"Je me souviens extrêmement bien de mon premier rendez-vous d’inscription"

 

- La promotion des terminales est entrée en 6ème en 1993 ; vous avez pris vos fonctions de Directrice la même année. Il s'agit donc de la première génération que vous suivez de bout en bout, cela représente-t-il quelque chose de particulier pour vous ?

Oui, tout à fait. Quand on est professeur on garde un souvenir très précis de ses premiers élèves. En tant que Directeur on garde un souvenir particulier des premières inscriptions que l’on a réalisées. Je n’ai pas oublié le premier rendez-vous d’inscription, je m’en souviens extrêmement bien. C’est vrai que c’est une année un peu plus solennelle.

 

- Avez-vous une anecdote, un souvenir particulier depuis votre nomination ?

Une de mes très grande joie de Directrice c’est de retrouver mes anciens élèves et de réinscrire leurs enfants. Le sentiment d’appartenir à une vraie Communauté me rend heureuse. Malgré quelque fois des difficultés, des tensions entre les gens, je crois qu’il règne fondamentalement un climat humain et relativement serein.

 

- Quelles seraient les trois choses que vous emporteriez sur une île déserte ?

C’est une question piège ! Un compact disc, comme on ne peut pas recréer un orchestre sur une île déserte j’emporterais un concerto de Mozart pour violon et orchestre ou une symphonie de Mahler . Un album de photos de ma famille, mes amis, mes anciens élèves. Et un livre, peut-être la Bible parce que c’est un des ouvrages fondamentaux de notre vie. Mais vous êtes sévères car trois objets ce n’est quand même pas beaucoup !

 

- Merci beaucoup d'avoir accepté cette interview.

 

* : Saint Ignace de Loyola (1491-1556), Fondateur de la Compagnie de Jésus (Jésuites), canonisé en 1622.

** : à partir de 51 salariés une entreprise est tenue par la loi d’avoir un comité d’entreprise. Il se réunit une fois par mois et est composé de représentants de toutes les catégories du personnel.

 

L'autre facade cour avant.

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