INTERVIEW

 

Les interviews précédentes sont également disponibles:

Madame Moeller: Directrice.

M.Carel: Professeur d'anglais.

M. Bailly: Adjoint au Conseiller Principal d'Education, chargé du lycée.

 

 

Madame Richard (Landreau)

(professeur d'histoire-géographie)

 

 

 Madame Richard (Landreau) a accordé un entretien de 10 minutes à Lékipweb. Professeurd'histoire-géographie connu et apprécié par de nombreux élèves, elle parle ici de son métier,des relations entre profs et élèves, ou encore de l'ENC.

 

 

- Pourquoi avez-vous choisi d'enseigner l'histoire ?

Cela me passionnait depuis extrêmement longtemps. L'origine de l'homme, les grandes réponses aux questions philosophiques et métaphysiques.

 

- Et la vocation d'enseigner est venue tôt ?

Non, c'est venu tard. La passion était première et la volonté de la transmettre est venue après.

 

- Depuis combien d'années êtes-vous professeur ?

15 ans (soupir).

 

 

"Les élèves sont un cadeau à prendre un an"

 

 

- Vous avez été longtemps professeur principal en 5ème, avez-vous une classe préférée ?

Je n'ai pas de classe préférée, j'ai la chance d'enseigner dans beaucoup de niveaux. C'est une richesse pour moi d'enseigner à des enfants de 11 ans, comme à d'autres de 16 ans. Mais c'est vrai que certains niveaux sont plus fatiguants, plus difficiles à gérer.

 

- Quelles sont les différences entre le collège et le lycée ?

Au collège il y a une part d'éducatif très importante, presque aussi importante que la matière. La façon de se comporter en société, de s'écouter. C'est plus ou moins acquis au lycée.

 

- N'est-il pas frustrant de devoir se séparer tous les ans des élèves que vous avez  formés ? 

Au début de ma carrière c'était difficile, puis j'ai compris que les élèves nous étaient confiés un an, que c'était un "cadeau" à prendre un an. Ensuite il faut passer à autre chose, les laisser voler de leurs propres ailes. Mais c'est merveilleux de voir une évolution vraiment positive au cours d'une année.

 

 

"L' ENC c'est aussi les familles"

 

 

- Pensez-vous que les élèves aient évolué depuis le début de votre carrière ?

Ca n'a rien à voir ! Les jeunes ne sont plus du tout les mêmes, les changements que j'ai pu connaître sont fantastiques, et en très peu de temps. On sent le poids de l'éducation ou de la non-éducation, on sent l'influence de la télévision. Une moindre culture dans certains domaines, alors que par ailleurs ils ont accès à internet, etc... beaucoup plus tôt, mais ce n'est pas pour ça qu'ils sont plus cultivés. Il y a aussi un changement dans la façon de considérer l'école et le professeur.

 

- L'enseignement doit il s'adapter ?

Evidemment ! Il y a des valeurs à transmettre, mais la façon de les transmettre doit évoluer.

 

- L'ENC a-t-elle, elle aussi, évolué ?

L'ENC, ce n'est pas seulement les enseignants, c'est aussi les familles. Le recrutement est différent, donc l'esprit change. Mais il y a des valeurs auxquelles l'ENC reste attachée.

 

- Face aux différents problèmes de violence actuels dans plusieurs lycées, pensez-vous que l'éducation soit en crise  ?

Oui, il y a un manque de repères, les parents sont moins présents. Des problèmes sociologiques de notre temps.

 

- L'ENC ne connaît pas de tels problèmes, à votre avis grâce à quels éléments ?

L'origine sociologique des élèves, également l'encadrement et le règlement qui posent des limites à ne pas dépasser.

 

 

"Faire partager une passion"

 

 

- Vous êtes un professeur apprécié par de nombreux élèves. Qu'est-ce qui permet de transmettre à une classe plus qu'un simple cours ?

Ca dépend de chaque professeur, c'est très subjectif. Ce sont peut-être plutôt les élèves qui peuvent répondre. J'ai le sentiment d'avoir des êtres humains en face de moi, pas des pions ou des ordinateurs, donc j'ai à coeur de leur donner. Il y a aussi une part affective, j'aime les élèves ou je décide d'aimer les élèves en face desquels je me trouve, je pense qu'ils le sentent. Je ne pense pas que l'on puisse enseigner sans cela.

 

- Pensez vous que la qualité du professeur joue un rôle décisif dans le travail et le goût des élèves pour une matière ?

Oui certainement. J'ai été élève avant d'être prof, donc je le sais ! Il y a une façon de faire partager une passion, de considérer l'élève avec respect.

 

- Quelles seraient les 3 choses que vous emporteriez sur une île déserte ?

Un livre, suffisamment nourrissant sur le plan spirituel et intellectuel. Des lettres ou des photos qui me rappellent des bons souvenirs.

 

- Merci d'avoir accepté cette interview.

 

 

L'autre facade cour avant.

 

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